LES CAS D’ESCROQUERIE NE FONT QUE TROP FRÉQUEMMENT les manchettes. Des soi-disant représentants de l’Agence du revenu du Canada (ARC) téléphonent à d’innocents Canadiens sous le prétexte que ces derniers présentent des impôts en souffrance. En 2015, 763 citoyens canadiens ont signalé s’être fait flouer par cette tromperie. Au total, 2,5 millions de dollars leur auront été soutirés. Encore là, ces chiffres ne racontent pourtant qu’une parcelle de l’histoire puisque la majorité des victimes ne portent pas le méfait à l’attention des autorités1.

Il n’est pas rare que les principaux auteurs des crimes financiers de cet acabit trempent dans le crime organisé. La facture pour les Canadiens s’élèverait à cinq milliards par année2. Les institutions financières, la police et les administrations publiques ripostent à grand renfort de nouvelles technologies et d’efforts de conscientisation de la population. Voici comment mieux vous protéger contre ce type de délits.

Arnaques téléphoniques

Vous ne pouvez jamais être certains de savoir qui est à l’autre bout du fil, alors usez de la plus grande prudence avant de divulguer numéro de compte, mot de passe, numéro d’assurance sociale et autre renseignement personnel. Outre le coup de l’ARC, les extorqueurs utilisent tout un lot d’autres stratagèmes. Bien souvent, ils ont les personnes âgées dans la mire. Au téléphone, méfiez-vous des gens qui se présentent comme :

  • des employés de votre banque ou des policiers, et qui font appel à votre aide pour une enquête;
  • des « officiels », et qui vous informent que vous avez remporté un prix ou gagné à la loterie, mais que vous devez acquitter certains frais pour récolter votre gros lot;
  • des membres de la famille perdus de vue depuis longtemps, dans le pétrin, et qui demandent des sous pour sortir de prison (ou se dépêtrer d’un autre bourbier).

Si la personne sur la ligne insiste pour que vous achetiez, souscriviez ou signiez quoi que ce soit, n’acceptez pas avant d’avoir confirmé que vous avez affaire à quelqu’un d’honnête. Le meilleur conseil si vous sentez qu’on vous met de la pression? Raccrochez.

Protéger vos cartes

Longtemps, les cartes de crédit et les cartes de débit ont été exposées à la fraude. À l’arrivée des cartes à puces au Canada en 2008, leur contrefaçon a chuté de 76 %3. Aujourd’hui, l’usage des cartes sans contact gagne du terrain. Leur emploi pour les petits achats a l’avantage d’être rapide, pratique et très sécuritaire4.

Malgré tout, nous assistons à une hausse des fraudes « sans présence de la carte », c’est-à-dire où les données de la carte sont subtilisées sans que le voleur ait accès à la carte en question5. Pour mieux assurer la sécurité de vos comptes :

  • Évitez d’utiliser des dates d’anniversaire, des adresses, des numéros de téléphone ou d’autres combinaisons faciles à deviner pour votre numéro d’identification personnel (NIP).
  • Protégez votre carte des regards indiscrets, autrement dit des gens qui jettent un coup d’œil au-dessus de votre épaule ou utilisent une caméra dans l’espoir d’obtenir votre NIP.
  • Ne révélez votre numéro de carte, votre date d’expiration ou votre code de sécurité en aucun cas, à moins d’avoir affaire à une entreprise fiable avec laquelle vous êtes vous-même entré en contact.
  • Signalez toute perte ou tout vol de carte sur-le-champ.

Fraude par chèque

Même si leur emploi est en déclin, près d’un milliard de chèques continuent d’être traités au pays chaque année6. Des mesures de sécurité, comme l’estampage de dorure, la microimpression et le filigrane, déjouent la plupart des falsificateurs. Néanmoins, les documents papier ne sont pas entièrement à l’abri de la fraude et des vols d’identité. Si vous utilisez des chèques, suivez ces conseils :

  • Gardez vos chèques en lieu sûr.
  • Si vous recevez un chèque, vérifiez-en les caractéristiques de sécurité (énumérées au dos). Même les photocopieuses de pointe ne peuvent les reproduire.
  • Acceptez uniquement des chèques de personnes ou d’entreprises que vous connaissez.

Selon les experts en sécurité, les paiements électroniques et les transferts en ligne sont plus sécuritaires que les paiements par chèque ou en argent comptant7. Envisagez d’effectuer l’ensemble de vos transactions par voie électronique.

Fraude postale

Puisque la poste demeure un incontournable dans certains cas, faites preuve de prudence pendant la période des impôts. Des relevés contenant de précieux renseignements circulent et les arnaqueurs en profitent pour les intercepter dans les boîtes à lettres et voler l’identité des personnes. Voici de bonnes précautions à prendre :

  • Récupérez votre courrier rapidement.
  • Si vous changez d’adresse, informez vos banques, vos fournisseurs de services publics, et toute autre personne qui a lieu d’être avisée.
  • Demandez à Postes Canada de réacheminer votre courrier si vous déménagez et de le retenir si vous vous absentez.

Avancées en matière de sécurité

Les banques et les institutions financières renforcent constamment leurs mesures de sécurité afin de protéger leurs clients. Au Canada comme ailleurs, l’identification biométrique figure parmi les plus récentes méthodes adoptées. Cette technologie permet d’analyser des caractéristiques physiques distinctives, comme les empreintes digitales, les particularités de l’œil et le réseau veineux, ou encore la voix, pour authentifier l’identité d’une personne avec un très grand degré de précision.

L’introduction de nouvelles technologies n’empêchera pas les fraudeurs de continuer à peaufiner leurs méthodes. En revanche, en étant informé et en faisant preuve de vigilance par rapport à la sécurité de vos renseignements personnels, vous pouvez aider à mettre un frein à la fraude.

1 www.cbc.ca/news/canada/toronto/cra-scam-cellphones-1.3745193
2 www.cisc.gc.ca/media/2014/2014-08-22-eng.htm
3 www.cba.ca/credit-card-fraud?l=fr
4 www.cba.ca/tap-to-pay-card-security-an-faq?l=fr
5 cba.ca/Assets/CBA/Files/Article%20Category/PDF/misc-2015-paymentssecurity-whitepaper-fr.pdf
6 www.cba.ca/cheques-what-you-need-to-know?l=fr
7 www.cba.ca/protecting-yourself-from-cheque-fraud?l=fr